Les secrets de la dalle piétonne

Décidez après une matinée professionnellement molle de déjeuner au soleil, seule. Le soleil, le vent et les bribes des discussions des passants suffiront à vous tenir compagnie. Chauffez aux rayons du soleil. Fermez les yeux si la coquetterie vous y invite, ou que vos lunettes de soleil attendent effrontément chez vous que vous soyez moins tête en l'air. Retirez le gilet, le châle, la veste ou le pull, ôtez ces couches de vêtements devenus inutiles, la rapidité de dévoilement de la peau à l'air nu sera plus ou moins rapide selon les individus. Appréciez. Profitez. Les plus hardis s'allongeront sur la pierre, les autres tenteront de résister à cette paresse bienvenue. Dès que vous sentez que vous devez retourner turbiner, avant de vous lever, tournez-vous. Deux lézards se sont approchés, ils vous ont pris pour un des leurs. Le soleil vous a modifiés. Plus un bruit. Plus rien d'autre n'existe. Vous ne voyez plus que ces écailles de murailles, ces langues sentant l'air chaud, ces coeurs qui palpitent plus sûrement que votre respiration retenue. Encore un instant. L'un des lézards annonce le départ, mais son collègue de bronzette choisit une autre direction, la vôtre. Il file droit vers vous. Plus un geste ! Il s'arrête à quelques centimètres, les plus impressionnants qui soient, ceux de l'admiration pantoise. Vous avez décidé de ne plus bouger, tant pis vous n'irez plus jamais travailler, quelle importance donner à tout ce qui n'est pas yeux, tympans, queue, couleurs, écaillure, pattes et doigts de lézard. Ce moment aurait pu durer des heures, on connaît bien la paresse au soleil des reptiles. Mais c'était oublier que le lézard est rusé et possède un excellent sens de l'observation ! Il a remarqué que vous aviez un t-shirt, un pantalon et des bottines, et que de toutes ses connaissances, il ne connaissait aucun reptile vêtu. Il abrège ainsi votre rencontre, sans se soucier des formalités. Votre pause est terminée.


Commentaires

  1. Je pensais pas que les lézards étaient si futés !!!!!

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    1. Y a des thésards et des normaliens je pense.

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    2. Pourvu qu'il n'y ait pas d'énarques !!!!!

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    3. Ah ça non ils sont trop honnêtes pour ça !

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  2. Je cherche l'endroit idéal pour mettre cette pause en application mais c'est pas facile à trouver par ici. Dès que le soleil pointe un rayon le moindre pouce de parc, jardin, square est envahi de gens qui ont eu la même idée juste quelques minutes plus tôt. Je les comprends, l'idée est tentante.

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    1. T'es vers quel secteur, sans indiscrétion ? Y a du monde autour de moi mais je tourne le dos aux passants et avec le casque je suis vite dans ma bulle. Et puis s'il y a du lézard je ne vois plus rien d'autre.

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    2. Je bosse dans le 9ème (Vaise). La Saône pas loin mais pas très accueillante pour lézarder, en tout pour l'instant. Un petit parc ou deux dans le secteur mais trop petits pour tous les gens qui aimeraient en profiter.

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    3. Ah j'y vais jamais. Je pense y remédier on me dit qu'il y a des coins sympas.
      Je comprends mieux le coup de la pause au parc qui ne peut se faire...
      Comme punition pour m'être fait passer pour lézard il fait gris ces jours-ci, ça m'apprendra...

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  3. Ah non, la pause n'est pas terminée; on est trop bien.....encore
    ça sent l'histoire vraie ?!

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    1. Totalement ! S'il n'avait pas écourté j'y serai encore ! Je suis retournée travailler démasquée mais vibrante.

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